
Le prix affiché d’un appartement ou d’une maison ne correspond pas au montant total nécessaire pour devenir propriétaire. En France, les droits d’enregistrement constituent une composante majeure des frais d’acquisition, particulièrement dans l’immobilier ancien. Ils peuvent représenter plusieurs milliers d’euros à prévoir en plus du prix de vente.
Ces prélèvements sont déterminés par des règles fiscales qui dépendent notamment de la localisation du bien, du régime applicable à la transaction et de la date de signature. Dans le neuf, leur poids peut être nettement inférieur, mais la fiscalité de l’opération doit être examinée avec précision.
Pour anticiper le coût réel d’un achat, il faut donc distinguer le prix immobilier, les droits et taxes, les frais liés à l’acte, les dépenses de financement et les charges futures. Cette approche permet de déterminer le montant réellement mobilisable, de construire un plan de financement cohérent et d’éviter qu’une estimation insuffisante compromette la signature.
Droits d’enregistrement : les points essentiels
- Les droits d’enregistrement sont des prélèvements fiscaux, et non une rémunération du notaire. Leur montant varie selon le régime fiscal, le département et la date de l’opération.
- Dans l’ancien, les droits de mutation peuvent représenter une part importante des frais d’acquisition ; dans le neuf vendu par un professionnel, un régime réduit peut s’appliquer.
- Le budget d’achat doit comprendre le prix du bien, les frais d’acquisition, les coûts de financement et une réserve pour les dépenses annexes.
- Pourquoi les frais payés lors d’un achat ne reviennent-ils pas entièrement au notaire ?
- Comment intégrer les droits d’enregistrement dans son plan de financement immobilier ?
- Immobilier neuf ou ancien : pourquoi les coûts d’acquisition peuvent-ils différer ?
- Pourquoi une estimation trop rapide des frais peut-elle fausser votre budget d’achat ?
- Quand demander un chiffrage détaillé des frais avant une signature immobilière ?
- Comment calculer le budget réel d’un terrain avant de solliciter un financement ?
- Comment établir un budget immobilier incluant les dépenses oubliées au premier calcul ?
- Comment préparer un achat immobilier sans découvrir les risques après l’offre ?
Pourquoi les frais payés lors d’un achat ne reviennent-ils pas entièrement au notaire ?
Les sommes généralement appelées « frais de notaire » ne rémunèrent pas intégralement cet officier public. Elles comprennent principalement des impôts et taxes reversés à l’administration fiscale, des émoluments réglementés correspondant à son intervention et des débours liés aux formalités. Dans une transaction immobilière ancienne, les prélèvements fiscaux constituent habituellement la plus grande partie de ces frais.
Cette distinction est indispensable pour comprendre une estimation notariale. Le notaire collecte les sommes nécessaires à l’accomplissement de l’acte et au paiement des taxes correspondantes. Il assure ensuite leur reversement aux organismes concernés, conformément aux obligations de la transaction.
Selon la présentation des frais d’acquisition par les Notaires de France, plusieurs postes doivent être distingués.
| Poste | Nature de la dépense | Destinataire ou fonction |
|---|---|---|
| Droits d’enregistrement et taxes | Prélèvements fiscaux calculés selon le régime applicable | État et collectivités territoriales |
| Émoluments du notaire | Rémunération réglementée pour les actes tarifés | Office notarial |
| Débours | Sommes avancées pour certaines formalités et prestations | Organismes ou intervenants concernés |
| TVA sur les prestations notariales | Taxe appliquée à la rémunération concernée | Administration fiscale |
Dans le régime de droit commun, les droits de mutation comprennent notamment un droit départemental, une taxe communale additionnelle de 1,20 % et des frais d’assiette et de recouvrement représentant 2,37 % du droit départemental. Lorsque celui-ci atteint 5 %, l’ensemble représente 6,3185 % de la valeur taxable du bien, avant les autres frais.
6,3185 %
Taux global des droits de mutation dans le régime de droit commun lorsque le droit départemental est fixé à 5 %. Il ne constitue ni un taux universel ni le montant total des frais d’acquisition.
Notaires de France, présentation actualisée en février 2026.
Les droits fiscaux ne se négocient pas comme des honoraires d’agence. Les émoluments notariaux sont également réglementés, sous réserve des remises autorisées par les textes. En revanche, les frais d’agence, certains frais bancaires ou les honoraires de prestations distinctes peuvent présenter une marge de négociation.
Le niveau de taxation varie aussi selon la nature du bien. Dans un logement neuf vendu sous le régime fiscal approprié, les droits réduits modifient fortement la composition des frais par rapport à une acquisition ancienne.
Cette décomposition aide à déterminer les sommes fiscales incompressibles et les autres postes sur lesquels un acquéreur peut éventuellement agir. Elle constitue le premier élément d’un plan de financement réaliste.
Comment intégrer les droits d’enregistrement dans son plan de financement immobilier ?
Les droits d’enregistrement doivent être intégrés au budget disponible dès la recherche du bien, et non ajoutés après l’acceptation de l’offre. Leur montant s’ajoute aux autres frais d’acquisition et doit être couvert par l’apport personnel ou par un financement explicitement accepté par la banque. Le calcul doit donc distinguer le coût total de l’opération et la trésorerie nécessaire à sa réalisation.
Une première étape consiste à déterminer le prix effectivement payé au vendeur, puis à identifier les honoraires d’agence et leur répartition contractuelle. Le notaire peut ensuite estimer les droits applicables au bien, en tenant compte de son emplacement et de son régime fiscal.
Les frais de garantie du prêt, les éventuels frais de dossier et les dépenses immédiates s’ajoutent à cette estimation. Leur financement dépend des caractéristiques de l’emprunt et des conditions proposées par l’établissement prêteur.
Pour construire un budget opérationnel, il est utile de distinguer trois ensembles : le montant immobilier à financer, les dépenses ponctuelles liées à l’acquisition et les réserves conservées après la signature.
La méthode suivante permet de déterminer le besoin financier global :
- Retenir le prix d’acquisition prévu dans l’offre, en précisant la répartition des frais d’agence.
- Ajouter l’estimation notariale des droits, taxes, émoluments et débours.
- Ajouter les dépenses liées au financement et les coûts immédiats du projet.
- Déduire les ressources mobilisables, notamment le montant du crédit accordé et les aides dont l’éligibilité est confirmée.
- Vérifier que les liquidités restantes permettent de couvrir les dépenses non financées et de conserver une réserve suffisante.
À titre d’illustration strictement hypothétique, pour un projet dont le coût total serait de 270 000 € et le financement bancaire de 240 000 €, les autres ressources à mobiliser atteindraient 30 000 €. Ce calcul ne constitue pas une estimation des frais fiscaux : il illustre simplement la différence entre le coût global et le prêt obtenu.
Le financement des frais d’acquisition par la banque n’est pas juridiquement impossible. Certains établissements peuvent accepter un financement plus large selon le dossier et les garanties. Il serait donc inexact de présenter l’apport personnel comme systématiquement obligatoire pour la totalité des frais.
Les prêts aidés ou réglementés exigent également une vérification précise des dépenses éligibles. Leur existence ne signifie pas que tous les droits, honoraires ou coûts annexes peuvent être pris en charge.
Un projet peut être compatible avec la mensualité envisagée tout en restant impossible à finaliser faute de liquidités disponibles à la signature. La comparaison entre emprunt, apport et coût complet doit donc intervenir avant tout engagement.
Immobilier neuf ou ancien : pourquoi les coûts d’acquisition peuvent-ils différer ?
Les coûts d’acquisition diffèrent entre le neuf et l’ancien parce que les opérations ne sont pas toujours soumises au même régime fiscal. Dans l’ancien, les droits de mutation de droit commun représentent une charge importante. Dans le neuf vendu par un professionnel sous le régime approprié, la TVA immobilière et les droits réduits conduisent généralement à des frais d’acte moins élevés.
Dans une acquisition ancienne classique, le taux des droits de mutation dépend notamment du département. Pour certaines ventes, les conseils départementaux peuvent porter temporairement leur taux jusqu’à 5 % entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2028.
Cette faculté, encadrée par la réglementation, ne signifie pas que tous les départements appliquent automatiquement le même taux. Les situations particulières et les dispositifs d’allègement doivent être vérifiés à la date de l’acte.
La doctrine fiscale officielle sur les droits de mutation immobilière précise les règles de droit commun et les dispositions temporaires applicables.
Dans l’immobilier neuf vendu par un professionnel, le régime peut comprendre une TVA immobilière, généralement de 20 % et susceptible d’être réduite à 5,5 % dans certaines opérations répondant à des conditions spécifiques. Les droits de mutation sont alors généralement réduits, autour de 0,71 %, auxquels s’ajoutent les autres frais applicables.
La TVA est habituellement intégrée au prix TTC affiché au particulier. Elle ne doit donc pas être ajoutée une seconde fois à ce prix lors du calcul budgétaire.
Le tableau suivant distingue les principaux mécanismes, sans remplacer une estimation individualisée.
| Critère | Immobilier ancien | Immobilier neuf vendu par un professionnel |
|---|---|---|
| Fiscalité principale | Droits de mutation de droit commun | TVA immobilière et droits de mutation réduits lorsque les conditions sont réunies |
| Droits d’acquisition | Taux variable selon le département et le régime applicable | Généralement environ 0,71 % pour les droits réduits |
| Autres frais | Émoluments, débours et contributions applicables | Émoluments, débours et contributions applicables |
| Dépenses complémentaires | Travaux éventuels, entretien, copropriété | Aménagements, équipements, charges futures |
Un logement de moins de cinq ans ne bénéficie pas nécessairement des droits réduits lors de sa revente. En particulier, la revente par un particulier relève en principe des droits de mutation de droit commun, même lorsque le logement conserve la qualification fiscale d’immeuble neuf.
Il faut également examiner les dépenses propres à chaque bien : cuisine à installer dans un logement livré sans équipement complet, travaux dans l’ancien, taxe foncière, charges collectives et entretien à venir.
Des frais fiscaux plus faibles peuvent représenter un avantage à l’achat sans rendre automatiquement le logement neuf moins coûteux sur toute la durée de détention.
Pourquoi une estimation trop rapide des frais peut-elle fausser votre budget d’achat ?
Une estimation fondée uniquement sur un pourcentage moyen peut fausser le budget immobilier parce qu’elle ignore des variables fiscales et contractuelles déterminantes. La localisation, la nature du bien, la date de l’acte et la répartition de certains frais modifient le montant effectivement dû. Une erreur peut alors réduire l’apport disponible ou remettre en cause le financement obtenu.
Appliquer automatiquement un taux standard à tous les achats revient à supposer que les logements anciens, neufs et les terrains relèvent des mêmes règles. Or les bases fiscales, les taxes et certaines exonérations diffèrent selon les opérations.
La variation géographique est particulièrement importante. Dans le régime de droit commun, le taux global indiqué par les Notaires de France atteint 5,80665 % avec un droit départemental de 4,50 %, contre 6,3185 % lorsque ce dernier est de 5 %.
Sur un prix taxable hypothétique de 250 000 €, ces deux taux produisent respectivement environ 14 517 € et 15 796 € de droits, soit près de 1 280 € de différence. Il s’agit d’un calcul illustratif limité aux droits concernés, et non de deux devis complets.
Une deuxième difficulté concerne les honoraires d’agence. Le prix net vendeur, le prix honoraires inclus et la répartition contractuelle des honoraires ne sont pas interchangeables. Dans certaines configurations, des honoraires clairement mis à la charge de l’acquéreur et remplissant les conditions fiscales peuvent être traités différemment dans la détermination de l’assiette taxable.
Cette possibilité ne constitue pas un moyen automatique de réduire les droits : le notaire doit contrôler les stipulations contractuelles et les règles fiscales applicables. De même, une clause mettant des frais normalement supportés par l’acquéreur à la charge du vendeur peut produire des conséquences fiscales nécessitant une analyse spécifique.
Enfin, il faut tenir compte des éventuelles évolutions de taux avant la signature. Une estimation réalisée lors de la visite peut devenir insuffisante si les conditions applicables au jour de l’acte changent.
Le contrôle le plus fiable consiste à rapprocher une estimation notariale et un simulateur institutionnel, puis à vérifier les paramètres ayant servi au calcul : adresse du bien, prix taxable, nature de l’opération et date prévisionnelle de signature.
Une estimation moyenne reste utile pour une première sélection de biens, mais elle ne doit pas servir seule à prendre une décision contractuelle ou bancaire.
Quand demander un chiffrage détaillé des frais avant une signature immobilière ?
Un premier chiffrage des frais doit être demandé dès qu’un bien devient une option d’achat sérieuse, idéalement avant la formulation de l’offre. Il doit ensuite être actualisé avant l’avant-contrat et confirmé avant l’acte authentique. Cette démarche progressive permet d’intégrer les droits d’enregistrement au financement sans découvrir tardivement une dépense déterminante.
Dès la première visite sérieuse, une estimation indicative permet de comparer le prix demandé avec le budget réellement mobilisable. À ce stade, certaines informations peuvent rester inconnues, notamment la date exacte de signature ou les particularités juridiques du bien.
Avant l’offre, la demande devient plus précise : le prix proposé, les éventuels honoraires d’agence et les caractéristiques fiscales de l’acquisition doivent être pris en compte. Une estimation actualisée aide alors à déterminer le montant maximal que l’acheteur peut proposer.
Avant le compromis ou la promesse de vente, le chiffrage doit être suffisamment détaillé pour permettre une vérification de la cohérence du plan de financement. Il est notamment utile de faire apparaître séparément :
- Les droits d’enregistrement ou la taxe de publicité foncière.
- Les taxes additionnelles et contributions applicables.
- Les émoluments réglementés du notaire.
- Les débours et frais de formalités estimés.
- Les éventuels coûts particuliers liés à la transaction.
Certaines acquisitions demandent davantage de préparation. Une vente en copropriété nécessite l’examen de documents spécifiques ; une acquisition en indivision, par une société civile immobilière ou portant sur un bien issu d’une situation patrimoniale complexe peut également exiger des vérifications supplémentaires.
Avant l’acte authentique, le notaire communique les informations nécessaires à la mise à disposition des fonds. Les provisions versées peuvent être ajustées après l’accomplissement définitif des formalités, selon le décompte final.
Les cinq vérifications à effectuer avant de signer
- Définir le prix de référence : conserver une offre ou une fiche indiquant le prix et la répartition des honoraires d’agence.
- Identifier le régime fiscal : obtenir une confirmation écrite de la nature de l’opération et de sa localisation.
- Demander le détail des frais : récupérer une estimation notariale distinguant droits, émoluments et débours.
- Valider le financement : disposer d’un plan actualisé précisant crédit, apport et dépenses non financées.
- Contrôler le solde à verser : vérifier le décompte et les instructions du notaire avant le rendez-vous de signature.
Un montant précis permet d’ajuster une offre et de mieux préparer les clauses de l’avant-contrat. Il ne remplace toutefois ni la vérification des conditions de financement ni l’analyse juridique du dossier.
Comment calculer le budget réel d’un terrain avant de solliciter un financement ?
Le coût réel d’un terrain ne se limite pas à son prix d’achat. Il comprend les droits et frais d’acquisition, les éventuels travaux de viabilisation, les études techniques et les dépenses nécessaires à la construction projetée. Le régime fiscal du terrain dépend notamment de sa qualification et de la situation du vendeur. Un budget complet doit donc être établi avant la demande de financement.
Un terrain nu isolé et un terrain situé dans un lotissement ne présentent pas nécessairement les mêmes caractéristiques techniques, contractuelles ou fiscales. La qualification de terrain à bâtir, le statut du vendeur et l’éventuelle application de la TVA immobilière doivent être examinés.
Il serait ainsi trompeur de calculer systématiquement les frais d’acquisition d’un terrain à l’aide du même taux que celui d’un logement ancien.
Le premier poste à chiffrer reste le prix contractuel du foncier, accompagné des frais fiscaux et notariaux. Viennent ensuite les dépenses liées à la mise en état du terrain pour accueillir le projet.
- Étude géotechnique et études complémentaires nécessaires.
- Raccordement ou branchement aux réseaux d’eau, d’électricité et d’assainissement.
- Terrassement, accès et aménagements extérieurs.
- Frais d’urbanisme et taxes liées à la construction, lorsqu’ils sont applicables.
- Coût de construction, assurances, équipements et éventuels aléas du chantier.
Ces dépenses ne sont pas toutes exigibles au même moment. Les droits d’acquisition sont liés à la transaction foncière, tandis que les dépenses de construction peuvent être échelonnées selon l’avancement du projet.
Avant de solliciter une banque, il faut vérifier la constructibilité effective du terrain, les servitudes, les conditions d’accès et la disponibilité des réseaux. Un certificat d’urbanisme, les documents d’urbanisme et les informations techniques disponibles contribuent à identifier les contraintes, sans garantir à eux seuls la faisabilité définitive du projet.
La banque examinera également la cohérence du financement global, notamment lorsque l’achat du terrain s’inscrit dans un projet terrain et construction. Les modalités de décaissement doivent être compatibles avec les dates de paiement prévues.
Le véritable risque n’est pas uniquement de sous-estimer les droits d’enregistrement : il est de financer un terrain sans disposer des ressources nécessaires pour réaliser le projet immobilier auquel il est destiné.
Comment établir un budget immobilier incluant les dépenses oubliées au premier calcul ?
Pour établir un budget immobilier fiable, il faut additionner les dépenses nécessaires à l’acquisition et celles qui apparaîtront après l’entrée dans le logement. Les droits d’enregistrement, les frais de crédit, les travaux, les charges de copropriété et la fiscalité locale ne produisent pas les mêmes effets sur la trésorerie. Leur séparation permet d’évaluer à la fois l’apport nécessaire et le coût futur de détention.
La première distinction oppose les dépenses ponctuelles aux charges récurrentes. Les premières déterminent la somme nécessaire pour finaliser l’opération. Les secondes influencent la capacité du ménage à supporter durablement son nouveau logement.
Il faut aussi éviter les doubles comptages. Par exemple, les droits d’enregistrement font déjà partie des frais d’acquisition souvent désignés comme « frais de notaire ». Ils ne doivent pas être additionnés une seconde fois à un devis notarial qui les inclut.
| Postes à obtenir avec précision | Postes à estimer avec une marge adaptée |
|---|---|
| Prix d’achat et honoraires d’agence prévus au contrat | Travaux et réparations non définitivement chiffrés |
| Provision notariale et droits d’acquisition estimés | Déménagement et équipements complémentaires |
| Frais bancaires et de garantie proposés | Entretien futur et imprévus techniques |
| Charges de copropriété communiquées par le vendeur | Évolution éventuelle des charges collectives |
| Informations disponibles sur la taxe foncière | Consommations d’énergie futures |
Les diagnostics immobiliers obligatoires sont en principe fournis dans le cadre de la vente et leur établissement relève normalement des obligations du vendeur. Cela n’empêche pas l’acquéreur de prévoir ses propres expertises complémentaires lorsqu’elles paraissent nécessaires.
La taxe foncière mérite aussi une attention particulière. Une répartition au prorata entre vendeur et acquéreur peut être prévue contractuellement pour l’année de la vente, sans modifier les règles fiscales applicables à l’égard de l’administration.
Dans une copropriété, les charges courantes ne suffisent pas à mesurer les dépenses futures. Des travaux votés, envisagés ou rendus nécessaires par l’état de l’immeuble peuvent modifier sensiblement le coût de détention.
Il est préférable de prévoir une réserve de sécurité proportionnée aux incertitudes du bien plutôt que d’appliquer un pourcentage identique à tous les projets. Un appartement récent sans travaux identifiés ne présente pas le même niveau d’incertitude qu’une maison ancienne nécessitant une rénovation importante.
Le suivi budgétaire devient plus clair lorsque chaque poste comporte un montant, un degré de fiabilité et une date probable de paiement. Les dépenses les moins certaines peuvent alors faire l’objet de devis ou de vérifications ciblées.
Un budget complet ne cherche pas à prévoir parfaitement chaque dépense future. Il permet surtout de distinguer les engagements connus des risques qui nécessitent encore une marge ou une investigation.
À retenir avant de formuler une offre immobilière
- Le prix maximal acceptable doit être calculé après prise en compte des droits d’acquisition, et pas seulement à partir de la capacité d’emprunt annoncée.
- Les documents techniques et juridiques peuvent révéler des dépenses ou des restrictions plus importantes que les frais fiscaux eux-mêmes.
- Le compromis doit traduire précisément les conditions dont dépend la réalisation du projet, particulièrement en matière de financement.
Comment préparer un achat immobilier sans découvrir les risques après l’offre ?
La meilleure façon de limiter les risques après une offre immobilière consiste à vérifier les éléments financiers, techniques et juridiques avant de s’engager. Les droits d’enregistrement doivent être chiffrés, le financement testé sur le coût total et les documents du bien examinés. Les conditions suspensives de l’avant-contrat complètent cette préparation, sans remplacer les vérifications préalables.
La première vérification porte sur la capacité de financement réelle. Une simulation bancaire doit être rapprochée d’un budget comprenant le prix du bien, les frais d’acquisition, les frais de financement et les éventuels travaux.
Ensuite, les documents relatifs au logement doivent être réunis et examinés. Dans une copropriété, cela concerne notamment le règlement de copropriété, les informations financières disponibles et les procès-verbaux des assemblées générales des trois dernières années.
Les diagnostics techniques apportent également des informations utiles sur l’état et les caractéristiques du logement. Ils ne remplacent toutefois pas une expertise approfondie lorsque des anomalies particulières sont identifiées.
Les démarches présentées dans les étapes d’achat d’un logement en copropriété présentées par Service Public rappellent notamment l’importance des documents communiqués avant la promesse de vente et des fonds à mettre à disposition pour l’acte authentique.
Les conditions suspensives jouent ensuite un rôle central. Une condition d’obtention de prêt doit être rédigée avec des caractéristiques cohérentes avec le financement recherché. Pour un projet de construction, d’autres conditions peuvent être pertinentes, par exemple celles relatives à une autorisation d’urbanisme.
Ces clauses ne protègent efficacement l’acquéreur que si elles sont adaptées à l’opération, juridiquement valables et correctement mises en œuvre. Il est donc préférable de les faire examiner par le notaire avant la signature de l’avant-contrat.
La répartition des frais doit également être explicite. Le principe posé par l’article 1593 du Code civil met les frais d’acte et accessoires de la vente à la charge de l’acquéreur, sauf convention contraire. Une convention particulière doit toutefois être examinée au regard de ses éventuelles conséquences fiscales.
Enfin, il convient de distinguer les effets juridiques d’une offre acceptée, ceux d’un avant-contrat et les protections légales éventuellement applicables. Pour l’acquisition d’un logement à usage d’habitation, l’acquéreur non professionnel bénéficie en principe d’un délai légal de rétractation après la notification de l’avant-contrat, dans les conditions prévues par la réglementation.
Ce mécanisme ne justifie pas de formuler une offre sans vérification préalable, car les effets juridiques dépendent du stade de la transaction et de la nature de l’engagement.
Avant de transmettre une offre, réunissez une estimation notariale, un plan de financement actualisé et les documents disponibles sur le bien. Faites ensuite examiner par le notaire les clauses de l’avant-contrat, notamment celles qui conditionnent la réalisation de la vente. Cette préparation transforme une estimation approximative en décision financière documentée.
Les droits d’enregistrement sont-ils payés en plus des frais de notaire ?
Non, lorsqu’une estimation des « frais de notaire » correspond aux frais d’acquisition complets, elle comprend déjà les droits d’enregistrement ou la taxe de publicité foncière. Il faut vérifier le détail du chiffrage pour ne pas comptabiliser deux fois les mêmes prélèvements.
Le taux des droits d’enregistrement peut-il changer entre le compromis et la vente ?
Oui. Une évolution des taux départementaux peut modifier les droits applicables. Dans le cadre du dispositif temporaire de relèvement prévu jusqu’au 31 mars 2028, la doctrine fiscale indique notamment que la date de l’acte authentique est déterminante dans les situations ordinaires où un avant-contrat précède l’entrée en vigueur d’un nouveau taux. Certaines situations particulières suivent des règles spécifiques.
Peut-on négocier les droits d’enregistrement lors d’un achat immobilier ?
Les droits d’enregistrement résultent de règles fiscales et ne se négocient pas librement avec le vendeur ou le notaire. Leur montant peut néanmoins dépendre de la base taxable, du régime fiscal et d’éventuelles dispositions légales d’allègement. Une modification contractuelle ne doit pas être présentée comme un avantage fiscal automatique.
Un logement construit depuis moins de cinq ans bénéficie-t-il toujours de frais réduits ?
Non. La qualification fiscale de logement neuf ne suffit pas à déterminer le niveau des droits. Lorsqu’un particulier revend un logement récent, la transaction relève en principe des droits de mutation de droit commun. Une vente soumise à la TVA immobilière par un professionnel peut, en revanche, bénéficier du régime de droits réduits correspondant.
À quel moment faut-il disposer des fonds destinés aux droits d’enregistrement ?
Les sommes nécessaires à l’acquisition, y compris les provisions pour frais d’acte, doivent être mises à disposition du notaire selon ses instructions avant la signature authentique. Les fonds provenant du prêt sont généralement versés selon les modalités organisées avec l’établissement bancaire. Le décompte final et les délais de virement doivent être confirmés suffisamment tôt.